JEAN MEXIS :
un personnage
Il
expose dans l’association des artistes
villeurbannais depuis
1986 et peint depuis toujours. Mais voici une dizaine
d’années qu’il vibre aussi pour
l’écriture et qu’il manie la plume
autant que le
pinceau. “Passionné d’histoire
plutôt que de
petites
histoires”, comme il se définit
lui-même, il a
consacré ses deux premiers romans à
l’Orient :
Constantinople sous Charlemagne, et l’ancien Empire Ottoman
sous
Napoléon. Puis une autre voix s’est fait entendre
: celle
de la
poésie, qui tient désormais une place radieuse
dans sa
vie. Son goût pour l’architecture qu’il
sait
transcrire sur ses toiles, a trouvé sa réponse
dans les
mots. Membre du groupe de poètes du “salon des
poètes de Lyon” Jean cultive la langue
française
comme un jardin merveilleux. Et c’est en toute logique que ce
peintre-poète a suivi les chemins du
théâtre : cet
art n’est-il pas l’équilibre entre la
parole et
l’architecture ! Sa pièce en trois actes,
“Martin
BABET”, se passe sous Louis XIV : le
héros est un
horticulteur qui cherche l’approbation du roi-soleil. Il
crée une variété de tulipe,
aidé par son
épouse et son “valet” - mais non, pas
question de
tout vous raconter ! L’histoire et la littérature
s’harmonisent comme des fleurs dans un bouquet savant ; la
présence du roman
“L’Astrée”
d’Honoré d’URFÉ, sous-tend
toute la
pièce comme un parfum. Et quelle complicité avec
Edmond
ROSTAND ! “Martin BABET” est écrit en
alexandrins et
se lit avec autant de bonheur que les tirades de Cyrano. De la verve,
du panache, de l’humour et de la tendresse. Au 21
ème
siècle, quel exploit. Mais une pièce
n’existe que pour être jouée.
C’est pourquoi
Jean MEXIS a travaillé sa mise en scène avec
Alain AGIER,
de la troupe de la Ficelle. Une pièce aussi dynamique a
naturellement trouvé sa place chez des lycéens de
16
à 18 ans, à Gardanne
(Bouches-du-Rhône). Leur professeur, Tony BALDO, la
présentera en 2006. Une grande première. Fervent
spectateur de théâtre (l’Iris, les
Ateliers,
la Ficelle, les Celestins), Jean est lui-même, en tant
qu’artiste au pluriel, plusieurs personnages. Le peintre, le
romancier, le poète et le dramaturge font de sa vie une
pièce ! Et c’est à Martin BABET
lui-même que
j’emprunte cet hymne à
Cérès, déesse
des moissons, parce qu’il définit parfaitement
Jean MEXIS :
“Comme un peintre habité par un souffle subtil
Je vole mes couleurs à la tige, au pistil,
Aux pétales soyeux, aux feuilles dentelées,
Et compose d’un geste, en vagues ondulées,
Des tableaux que Cérès accroche à
l’horizon.”
Et pouvais-je rêver plus belle conclusion ?
Monique CLAVAUD. |