Harmonie,
transparence
Je
suis dans votre tableau et j'y suis
bien, voilà ce que l'on a envie de dire face aux
aquarelles de Jeannine Journeau-Morel. Attirée par la
peinture
dès son enfance, elle a commencé par l'huile
avant de
venir à sa grande passion, l'aquarelle, qu'elle aime pour sa
douceur et sa luminosité. Son pinceau sait traduire, avec
une
exquise délicatesse, le charme des villes, des villages, des
jardins, des vieilles pierres auréolées de
fleurs. Le
tableau devient ainsi un témoignage, il capte et capture le
Temps qui passe. Il en découle une sensation d'apaisement
devenue rare. Dans cette rue provençale, voici un rideau
bleu
à la porte d'une maison. Ecartons-le, entrons. Ici, nous
sommes
¨Place Bellecour, un grand sujet "classique revisité
par une
palette rayonnante de tendresse. Jeannine restitue l'empreinte
émotionnelle des lieux. En 1990, la Marquise de Virieu ne
s'y
est pas trompée, en offrant à son fils
François-Henri l'aquarelle représentant la cour
intérieure du château. Sur le livre d'or, la
signature de
Jeannine figure avec celle de Lamartine. Six ans plus tard, au Pavillon
du Parc, Bill Clinton flashe pour l'aquarelle de Pérouges
qu'il
venait de visiter. Et voici le tableau français en route
vers la
Maison Blanche ! Le nom de Jeannine "allait crépiter sur les
télescripteurs de toutes les rédactions des
“Etats-Unis”," commenta le journaliste du "Monde "
Jean
Périlhon, sous le titre "”le peintre, l'aquarelle
et le
président”." Dommage que Jeannine, à
cause d'un
service d'ordre draconien, n'ait pu rencontrer Mr. Clinton. Mais quelle
aventure pour ce tableau, devenu Ambassadeur de France ! D'ailleurs,
chaque aquarelle est une aventure, et une ouverture, un dialogue entre
le sujet et le regard, exigeant la rigueur mais la
spontanéité, dans la liberté de
l'âme.
Après cette rencontre, c'est difficile pour moi de partir,
mais
j'emporte un bouquet de perce-neige cueilli hier par Jeannine dans
l'Isère... tout le symbole de l'éternel renouveau.
Monique Clavaud
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