" La terre est une orange bleue." Paul Eluard
Parole visionnaire que celle du grand poète Eluard. Il
métamorphose une planète en oeuvre d'art.
Joëlle
Lambert-Butte suit ces traces. D'un monde connu, l'Atlas, elle fait un
monde nouveau en privilégiant deux couleurs
complémentaires, l'orange
(
composé de rouge et de jaune ) et sa partenaire,
étrangère à sa
composition, le bleu. L'ocre s'immisce parfois dans ses tableaux, pour
intensifier la chaleur, et le blanc est là pour faire vibrer
la neige,
car ce pays est nourri d'oppositions, chaud et froid, feu et glace,
vallées, déserts et montagnes. Le secret de la
force de ses tableaux
est dans la maîtrise des contrastes. La plus grande
cohérence
stylistique permet de créer un monde dans lequel on aime, en
même
temps, se perdre et se retrouver. Cette fluidité mouvante
des sables,
ces brumes impalpables mais denses, ces pics
acérés, nous entraînent
dans leurs sortilèges. Le simple
énoncé des titres est un voyage : " la
grande vallée," " ce matin-là, l'Atlas," " le
monde en bleu," " le
désert à Tafraoute," " le toit du monde," nous
voilà fascinés. Ne
serait-ce pas une planète inconnue ? Non, ce monde existe,
mais Joëlle
nous apprend à le regarder.
La chaleur frissonne, le froid brûle.
L'évanescence se pose sur la compacité.
Dans
les montagnes comme sur le sable, la géographie devient
alchimie, et
les pinceaux écrivent les cartes d'une randonnée
sans envie de retour.
Ces lignes dans le ciel, sont-elles les sommets les plus hauts, ou des
nuages ? Ne répondons pas. Le mystère doit
persister. Et ces mouvements
ondulants, sont-ils des crêtes ou bien des vagues ?
Ces oeuvres ont
toutes un lien entre elles et forment un monde mi-réel,
mi-imaginaire
et pourtant chaque tableau est un univers. Ce sont d'immenses
déclinaisons, ou des variations infinies sur un
thème.
Et j'aime à
citer de nouveau Eluard : " mais dans ma nuit je n'ai
rêvé que de
l'azur." Car ce voyage aux confins de la terre est un voyage dans
l'âme.
Si
je devais m'arrêter sur un seul tableau, je serais bien
embarrassée !
Mais j'aimerais celui que Joëlle a nommé "
l'envol." Un grand oiseau
déploie ses ailes qui s'étendent comme des nuages
ou des chaînes de
montagnes. Est-ce un aigle royal ? Ou la colombe ? Signes de puissance
et de sérénité. Il semble porter un
message. Si j'ai commencé par Paul
Eluard, si la force de sa pensée s'est imposée
à moi au fil de mon
écriture, c'est avec lui que je voudrais - non pas conclure
- mais
prolonger, au-delà des mots, la magie de ce cosmos.
Eluard, pendant
la Résistance, en évoquant la Liberté,
s'écriait " j'écrirai ton nom."
Et l'envol, lui aussi, comme ses tableaux frères et
complices, écrit
" Liberté."
Monique Clavaud |
Diplôme
de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon.
Diplôme National des beaux-Arts ENVIRONNEMENT
DESS Urbanisme et Environnement
Professeur d'arts plastiques Nantua, Villeurbanne,
Vénissieux, Grigny, Villefranche, Craponne
Depuis 1986, intervenante aux ateliers d'arts créatifs Tarare |
|
Réalisations
de
colorations urbaines :
Ville de Rive de Gier
Ville de Rillieux la Pape
Ville de Grigny
Ville de Villeurbanne
Ville de Saint Fons
St-Symphorien/Coise
Ville de Bron |
|
peintures murales :
Ternay, Neveucelle,
Meribel-les-Allues, Brides-les-bains,
Tarare, St-Loup,
Bourg de Thizy |
|
 |
|